Courtoisie: Événement Facebook - Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec

Waskapitan : Lorsque l’art et les mots rapprochent

Du 3 décembre 2020 au 3 janvier 2021, le Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec (RCAAQ) présente Waskapitan (Rapprochons-nous), un spectacle-bénéfice pour rendre hommage à Joyce Echaquan, sensibiliser les gens au racisme systémique au Québec et célébrer la culture autochtone.

Le spectacle peut être visionné gratuitement sur le web et des dons aux Fonds Waskapitan sont amassés afin de financer une œuvre artistique publique dans la ville de Joliette en mémoire de Joyce Echaquan, la construction d’une clinique médicale dans le Centre d’amitié autochtone de Lanaudière qui ouvrira en 2022 ainsi que plusieurs autres projets pour le bien-être, l’amélioration des conditions de vie et la culture des Premières Nations. 

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Le Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec

Au Québec, plus de la moitié des personnes autochtones vivent en ville. Le Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec (RCAAQ) constitue un véritable milieu de vie pour les membres des Premières Nations résidant dans les métropoles. Il s’agit d’un endroit où ils peuvent poser toutes leurs questions, tisser des liens les un.es avec les autres, en apprendre davantage sur leur culture et sur leurs ancêtres. Ils peuvent demander de l’accompagnement et des conseils dans certaines étapes plus difficiles ou significatives de leur vie. Différentes ressources et services sont mis à leur disposition afin d’atteindre une meilleure compréhension des enjeux spécifiques de leur communauté ainsi que favoriser leur expression de soi et leur épanouissement personnel.

Parmi les treize centres répartis un peu partout au Québec, on compte celui de Val-d’Or, Chibougamau, Sept-Îles et Maniwaki. Depuis plus de 50 ans, leur mission principale constitue le rayonnement de la culture des Premières Nations des milieux urbains et la défense de leurs droits, tout en conservant des valeurs d’intégrité, de solidarité, d’engagement et de fierté. 

«Les jeunes d’aujourd’hui doivent se réapproprier leur culture, parce que c’est dans notre culture qu’on retrouve les ingrédients pis la force qui nous permettent de passer à travers la vie», partage Louis Bordeleau du Centre d’entraide et d’amitié autochtone de Senneterre.

Le spectacle-bénéfice

Le spectacle s’ouvre sur des mots touchants de la famille de Joyce Echaquan, Roger et Jemmy Echaquan. Plusieurs performances musicales s’ensuivent, entrecoupées de séquences vidéos et de témoignages. Dans un éclairage chaleureux et un décor sobre, ce spectacle-bénéfice propose des numéros courts dans un enchainement rapide permettant aux auditeurs de découvrir une variété d’artistes.

Ils ont droit à la sensualité de Dominique Fils-Aimé, à la théâtralité de Kanen, à la voix cristalline de Wass, à la puissance des chants de gorge de Sylvia Cloutier, au cœur léger de Florent Vollant, à la fine poésie de Claude Mckenzie et à la sensibilité de Jeremy Dutcher, pour n’en nommer que quelques-un.es. 

Somme toute, c’est un spectacle tendre marqué par une belle chimie entre les artistes, qui méritent d’être découvert.e.s par le plus grand nombre.

En voici quelques coups de cœur. 

Anachnid 

À la fois volatile et envoûtante, Anachnid tient son nom de son animal totem, l’araignée. Provenant de la nation des Oji-Cris, cette artiste contemporaine two-spirited et multidisciplinaire est à la fois drummeuse, chanteuse, oratrice et organisatrice d’événements. Elle mélange le rap, les chants traditionnels et l’électronique dans une musique qui intrigue, fait planer, revendique et choque parfois. Son dernier album Dreamweaver est sorti en février dernier. Elle y interprète sa chanson «Braids» en symbiose avec Ariane Moffatt, un duo inusité qui la met bien en valeur.  

L'artiste Anachnid

Natasha Kanapé Fontaine

Natasha Kanapé Fontaine est une poète, autrice et actrice innue qui y délivre avec force et aplomb un de ses poèmes «Que nous puissions vivre». Cette ode éloquente à la terre et à ses ancêtres est un bon exemple de l’ensemble de son art, de la voix puissante qu’elle représente pour les Premières Nations, pour les générations antérieures et futures. Œuvrant principalement dans le milieu littéraire, elle s’illustre également à la radio, au théâtre et en musique. Ses thèmes de prédilection comportent la filiation, la culture et la nature. Son dernier recueil Nanimissuat Île-tonnerre est paru en avril 2018 sous les éditions Mémoires d’encrier

Élisapie Isaac

Élisapie Isaac y interprète sa chanson «Arnaq» avec le dynamisme qu’on lui connait bien. Devenue une véritable icône de sa culture, cette autrice-compositrice-interprète militante inuit aborde des sujets personnels comme la maternité, la femme et l’adoption, tout en gardant sa culture nordique omniprésente au sein de son œuvre. Son dernier album The Ballad of a Runway Girl est d’un folk traditionnel rempli de tendresse. 

Loin d’être un spectacle moralisateur ou indigné, c’est plutôt une approche tout en douceur et pleine d’espoir qui caractérise l’ensemble de cette œuvre collaborative. Un dialogue interculturel et interdisciplinaire qui émeut et fait réfléchir. C’est en soi un hommage touchant à Joyce Echaquan par le pouvoir rassembleur de l’art et des mots. On se souvient de cette femme comme d’une mère de sept enfants, «une belle personne, ricaneuse et discrète» (Kim KK Clavel, infirmière en maternité à Joliette).

Le spectacle mélange un nombre important et varié d’artistes autochtones et allochtones. Une rencontre qui construit des ponts entre les peuples et demeure d’autant plus importante après cette année difficile baignée d’incertitudes. Les artistes prennent la scène en brisant des barrières avec une simplicité, une authenticité et une complicité qui sauront réchauffer bien des cœurs en cette période des fêtes. 

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