Courtoisie: Massimadi Montréal, Festival des films et des arts LGBTQ+ afro - Facebook

Massimadi Montréal: polychromie et tendresse en images

Massimadi Montréal est un festival des films et des arts LGBTQ+ afro qui s’organise chaque année à l’occasion du Mois de l’Histoire des Noir.e.s. Cette année, pour sa 13e édition, il est déployé gratuitement et en webdiffusion du 12 février au 12 mars 2021.

Une programmation riche et éclectique 

En mélangeant des expositions virtuelles, des ateliers d’art-thérapie, des tables rondes, du speed-dating et même des soirées de comédie, c’est une programmation très variée qui est mise de l’avant. Celle-ci a pour but de stimuler le dialogue et d’engendrer diverses réflexions concernant des enjeux importants par le biais de l’art et du divertissement. Entre autres, on aborde l’intersectionnalité et les doubles défis que mènent les personnes noires et homosexuelles dans un monde d’oppressions et d’inégalités sociales.

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Massimathèque

La Massimathéque est un catalogue de films internationaux choisis avec soin, divisés en plusieurs thèmes évocateurs dont «Tendresse exquise», «En quête d’ailleurs» et «Rêve de scène». On y retrouve des longs-métrages, des courts-métrages et des documentaires classés par date de parution. Facilement navigable, cette collection est accessible gratuitement. Il y a là une sélection émouvante qui expose la double marginalisation à laquelle font face les personnes queer et racisées, tout en célébrant leur culture. Tendresse et fierté caractérisent les films de ce festival, dont voici mes principaux coups de cœur.

Courtoisie: Instagram - @massimadi

Monsieur

Monsieur est un court-métrage français de Thomas Duscatel qui met en lumière Georgie, une personne noire, grosse et queer rêvant des arts de la scène. Celle-ci tente de trouver sa place dans l’industrie du spectacle et de se forger une identité propre en dehors du débat racial. Les choses se pimentent lorsque le personnage principal développe une relation amoureuse avec son caméraman.

On sourit plus d’une fois au cours de cette comédie musicale touchante qui défend des questionnements plus sérieux sur la célébrité et le manque flagrant de diversité au sein du vedettariat. L’intérêt pour ces vedettes qu’on met systématiquement au premier plan sans raison valable est contesté. Un film d’une belle extravagance qui nous laisse quelque peu sur notre faim.

Bonde

Des images d’une sensualité percutante défilent dans ce court-métrage brésilien. Bonde d’Asaph Luccas est une puissante ode à l’affirmation de soi à travers les couleurs néon des clubs et la flamboyance de trois amies queer. Elles sortent danser dans l’effervescence urbaine d’une nuit à São Paulo. Le profilage racial y est dépeint avec une touche d’humour, bien qu’il reste tristement coutumier. On s’imprègne rapidement de ce désir de liberté et de la chimie d’une amitié forte qui crève l’écran.

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Where my girls

Where my girls est un documentaire de Mads Engel sur des femmes queer œuvrant dans la musique rap, hip-hop et R&B. Les témoignages de Dai Burger et de Miss Eaves s’inscrivent dans les thématiques du féminisme et de la grossophobie. On discute également du fait de tenir des propos vulgaires pour des femmes noires au sein d’une industrie encore aujourd’hui plutôt réservée aux hommes. 

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Swinguerra 

Sous forme de performances de danse filmées à la manière d’un vidéoclip, Swinguerra réalisé par Benjamin de Burca et Bárbara Wagner met en scène des interprètes non-binaires et trans au charisme secouant. La réalisation sobre laisse toute la place à la gestuelle forte des danseurs.ses.

Courtoisie: The Right Girls Film - Facebook

The Right Girls

The Right Girls est un documentaire de Timothy Wolfer traitant du parcours émotif de trois femmes transgenres originaires du Salvador et du Honduras, qui se dirigent vers les États-Unis aux côtés d’une caravane de migrant.e.s. Elles fuient leur pays et les discriminations auxquelles elles font face. On plonge dans leur réalité et cette quête d’un monde meilleur qui leur permettrait de commencer une nouvelle vie qui leur correspond vraiment. Un bel exemple de solidarité et de compréhension mutuelle. Au fil de leur route, des liens de plus en plus significatifs se tissent.  

Somme toute, ce festival nous offre une programmation judicieuse. Tantôt crève-cœur, tantôt remplis de couleurs et de douceur, les films de Massimadi Montréal valent assurément le détour.

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