Crédit photo: Marion Bacci. Exposition Spunkt Art Now à la Maison de la culture Janine-Sutto

Cet automne, les expositions montréalaises promettent des murs bigarrés et des ambiances hétéroclites. Nous sommes allés découvrir un échantillon de cette programmation en pénétrant les enceintes du Musée des Beaux-Arts, de la Maison de la culture Janine-Sutto et du Musée de la Pointe-à-Callière.

Coup de poing à la Maison de la culture Janine-Sutto — Hochelaga.

L’exposition s’intitule Spunkt Art Now, mélange des mots punkt (mot allemand) et spunk, ce dernier signifiant en anglais avoir de l’audace, du cran et de la détermination. Nous entrons dans la salle tamisée dont les murs arborent des œuvres représentant des poings levés. Les peintures, photographies ou installations sont le fruit du travail d’artistes issus d’une certaine marginalité, reliés entre eux par leur goût pour la chute et la liberté.

La cadence de la visite se décélère quelque peu lors de la lecture d’un rassemblement de textes dont le thème commun est la culture punk. Fiction, poésie, articles et manifestes vous mettent dans l’ambiance.

SPUNKT ART NOW. Crédit: Feed. Courtoisie: Maison de la culture Janine-Sutto - Facebook.

« L’esthétique punk redoute le raffinement des bourreaux, l’esthétique des chirurgies plastiques, l’esthétique des signes de piasse à la place du cœur. Ça ne sera pas beau, ça sera.» (Kateri Lemmens, Nihilispunk, Art punk nihilisme destroy)

Le commissaire Sébastien Pesot a réussi à faire de cette petite salle un point de rencontre, où l’influence des valeurs punk sur les œuvres des artistes à l’affiche permet de repenser la force de ce mouvement. On salue la dimension écrite de la visite avec la touche trash de Maude Veilleux, la destruction créative de Kateri Lemmens ou les ras-le-bol d’Ève Dorais, entre autres!

Cette exposition tiendra les murs jusqu’au 25 octobre.

Ébullition artistique au MBMA — Centre-ville.

Le Musée des Beaux-Arts de Montréal rouvre ces portes cet automne avec une exposition intitulée Paris au temps du postimpressionnisme: Signac et les Indépendants. Jusqu’au 15 novembre, il nous est donné de traverser la France du XIXe siècle grâce à une étonnante collection de peintures avant-gardistes.

La visite s’engage avec les toiles de Signac dont la technique pointilliste et l’intuition des couleurs sont admirables. On ne résiste pas à s’approcher le nez des œuvres afin de distinguer le détail de la touche du pinceau et l’élaboration extrêmement minutieuse des contrastes chromatiques.

Paul Signac (1863-1935), Juan-les-Pins. Soir(première version), 1914, huile sur toile. Collection particulière. Photo Maurice Aeschimann, Genève. Courtoisie: Musée des Beaux-Arts de Montréal

Le dévoilement de cet univers flamboyant aurait suffi à assouvir notre curiosité, mais les salles se multiplient et les artistes aussi. S’ensuivent les affiches burlesques de Toulouse-Lautrec, les délicates gravures sur bois de Félix Vallotton ou un tableau surprenant de Pablo Picasso, Le Repas frugal. L’énumération serait longue de ces peintres qui, à l’époque, refusaient les institutions mises en place, les jurys ou les gratifications.

Venez déambuler et garder en pensée cette phrase de Signac:

 « Car, sil n’y a pas un type de peinture indépendante ; il y a un esprit indépendant qui sauvegarde la dignité de lartiste — et de son art. » (Paul Signac, 1934)

La multiplicité des styles et des créations fait de cette exposition une expérience impressionnante, définitivement l’une des meilleures visites au MBMA.

N’oubliez pas de réserver votre billet en ligne!

Les secrets de l’Empire inca — Vieux-Port.

Puisque le Vieux-Port est une promenade idéale pour s’imprégner des dernières douceurs de l’été, profitons-en pour découvrir, avant qu’elle ne finisse le 4 octobre, l’exposition du Musée de la Pointe-à-Callière: Les Incas… c’est le Pérou !

La visite nous emmène à l’origine de l’Empire inca, vers les différents artisanats et modes de vie de chaque culture précolombienne. L’art du textile (et non pas l’or) est particulièrement estimable et mis à l’honneur au musée, le vêtement étant un symbole de pouvoir et d’identité chez les sociétés préincas et incas. Des bijoux, poteries ou objets rituels aux détails surprenants ornent les salles et nous renseignent sur l’organisation sociale, les traditions ou encore les croyances des peuples péruviens.

La pièce dédiée au rite funéraire est captivante et nous présente les masques jadis posés sur les visages des défunts afin qu’ils puissent communiquer par la parole dans l’au-delà. En effet, pour les Incas, la mort est un nouvel état de conscience et non la fin de la vie.

La deuxième salle, à l’étage, dépeint la symbolique des animaux que l’on retrouve sur chaque dessin et broderie, l’utilisation de la plume d’oiseau au sein de diverses réalisations artistiques, ou encore l’influence du Pérou sur la création stylistique mondiale actuelle.

Les captations vidéo, les écrans interactifs et la scénographie permettent une expérience totale. Cette déambulation sensible et envoutante part à la rencontre de l’héritage unique du peuple inca.

Bonne visite!

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