Les oeuvres de Darby Milbrath exposées chez Projet Pangée

Lieux de mémoire et de rêveries: Rencontre avec les œuvres de Darby Milbrath

Du 10 septembre au 31 octobre 2020 est présenté, à la galerie Projet Pangée, le travail de l’artiste Darby Milbrath dans le cadre de l’exposition solo Although the wind. Originaire de la Colombie-Britannique et basée à Toronto, elle fait de ses tableaux l’espace de récits intimistes évoquant souvenirs et fantaisies. Ses œuvres en grand format invitent la personne qui les regarde à s’évader, avec leurs figures dansantes, dans les riches plages de couleurs qui les composent. 

C’est dans son nouvel espace de résidence que Projet Pangée offre à voir une fois de plus le travail coloré de Darby Milbrath. Ayant fait ses aurevoirs cet été à l’édifice du Belgo qui l’hébergeait depuis plusieurs années, la galerie occupe désormais les salles de l’ancien consulat de la République Tchèque. Elle revêt maintenant un décor tout autre, qui se joint avec joliesse aux œuvres de Milbrath. Une brise venant d’une fenêtre ouverte ou encore la vue des vies s’agitant dans le boisé adjacent ne peuvent rendre que plus agréable la contemplation des scènes rustiques composées par l’artiste.

Instagram will load in the frontend.
" data-instgrm-version="13" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:540px; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);">

L’exposition Although the wind rassemble une quinzaine de tableaux peints lors d’un séjour insulaire sur la Côte Ouest. Quittant pour un été son studio de Toronto, Milbrath s’évade dans le paysage qui l’a vu grandir. Elle réside sur une ferme, usant de la vieille grange, qu’elle compare à une cathédrale, comme lieu de création. Cette expérience de la ruralité est ici représentée dans la féérie des valses végétales, des foisonnements botaniques et des couleurs enchanteresses. Elle est évoquée dans les motifs de courtepointe, les tournesols agités et parfois par le choix même du support, plusieurs compositions s’empreignant sur du jute.

Accompagné d’un poème d’Izumi Shikibu, traduit de l’anglais par Jane Hirshfield, duquel est prélevé le titre de l’exposition, le travail de Milbrath met en scène des lieux fictifs lointains, qui ne nous semblent pourtant pas si étrangers.

Although the wind
blows terribly here,
the moonlight also leaks
between the roof planks
of this ruined house

Les tableaux portent les marques de la mélancolie, de la réminiscence de l’autrefois, du désir de retourner. Se mêlent sur la surface peinte souvenirs d’enfance, rêveries paysagères et mysticisme séducteur. La mémoire s’allie avec l’imaginaire pour créer des scènes diaristiques, des visions dansantes. Les récits que partagent les œuvres sont ceux de l’intimité, prenant forme de confessions. Surgissent les motifs de son enfance, ceux qui l’entouraient et qui l’entourent toujours. Y sont aussi infusés des motifs classiques de l’histoire de l’art. La mémoire collective rendue ici est avant tout personnelle, ces motifs deviennent figurants des univers imaginaires de l’artiste.

L’expérience de création picturale est, chez Milbrath, corporelle et intuitive. Danseuse contemporaine professionnelle avant de devenir peintre, elle s’échauffe avec le pinceau sur la toile. Le mouvement, la ligne et l’expression lui viennent de la danse, du corps. Ses sujets prennent souvent la forme de figures féminines, rarement passives, souvent flottantes. Elle les suspend sur un fond relevé, les faisant s’animer sur les aplats de couleurs. C’est qu’une part de théâtre imprègne aussi sa pratique, jouant sur les couleurs, les lumières, les textures et apportant au tableau un aura de mystère et de magie. Son geste s’improvise, dirigé par un laisser-aller et une ouverture émotive, plutôt que par planification, et préparé par des rituels et superstitions. Le studio est pour Milbrath un lieu spirituel, où elle laisse se mouvoir des figures oniriques dans l’espace mélancolique de ses compositions.

Malgré le confinement, il est toujours possible de visiter l’exposition physiquement. Si vous préférez réduire vos sorties, Projet Pangée vous propose également une visite virtuelle. Bain public culturel vous donne un aperçu des œuvres spectaculaires de l’artiste Darby Milbrath dans cette courte galerie photo. 

Share on facebook
Facebook