Le photographe Michael Abril

Les rencontres du photographe Michael Abril

Il y en a du monde sur Terre et tout autant de sujets à immortaliser pour le photographe documentaire Michael Abril. «Imprévisibles, joyeux, introvertis, charismatiques, créatifs. J’aime les humains de tout type», écrit-il pour introduire son exposition en ligne Encuentros (Rencontres) sur le thème Dans le regard de l’autre du 12 au 29 novembre sur le site de Metropolis bleu dans le cadre des Journées Mémoire pour l’espoir 2020. 

Une skateuse montréalaise, une vendeuse dans un marché au Pérou, un homme et son fils en Colombie, voilà quelques exemples des multiples rencontres du photographe. Ses sujets sont variés, de tout âge, venant de différents pays et ne vivant pas dans les mêmes conditions. Ils ou elles sont des connaissances ou des inconnu.e.s issu.e.s de rencontres inopinées ou prévues. 

Si au début on se perd un peu dans cette diversité de personnages, on comprend vite qu’au fond le lien entre tous ces gens est simple: ce sont des individus, avec leurs émotions, leurs rêves, leurs faiblesses et leurs forces. Pendant un court instant, ils et elles se sont découvert.e.s face à l’objectif de l’appareil photo. «Généralement, pour mon travail, je m’immisce dans l’univers de chaque personne, […] je demande aux gens de faire comme si je n’étais pas présent, c’est comme devenir invisible», explique le photographe.

Avec Dans le regard de l’autre, l’organisme de charité Metropolis bleu demandait aux artistes invité.e.s de créer ou de choisir parmi une série d’œuvres afin d’illustrer ce thème. Michael Abril est retourné dans ses projets passés pour sélectionner les rencontres qui l’ont particulièrement marqué. Pour le photographe, «ce sont des rencontres significatives, […] des personnes […] qui m’ont donné quelque chose de précieux pendant la prise de vue.»

Le père et son fils à Bogota. Crédit: Michael Abril.

Le langage et le regard

«Je dis toujours que mes photos sont le produit final d’une série d’échanges, de partage». Pour acquérir cette confiance mutuelle entre le modèle et le photographe, la communication est indispensable. Il arrive à l’artiste de rester plusieurs heures avec son sujet pour réussir à le capter dans son naturel. 

Originaire de Colombie, Michael Abril parle couramment l’espagnol, le français et l’anglais. Le langage est pour lui une opportunité de créer une connexion avec la personne. «Au début, quand je suis arrivé ici, le fait de ne pas parler la langue a créé une espèce de blocage de mon côté», raconte-t-il au sujet de son arrivée à Montréal en 2008. 

Le jeune garçon de Medellin. Crédit: Michael Abril.

Mais la communication ne se fait pas forcément par le langage, elle peut prendre plusieurs autres formes. «Cela peut être un échange de regard, l’échange du silence, du respect partagé, de la présence partagée». Car le corps parle, par les gestes ou le regard, si important dans cette série d’images. Ce dernier peut être directement dirigé vers l’objectif, parfois avec défi comme ce jeune garçon à Medellín, pris en contre-plongée assis sur le béton au milieu des bâtiments. Il est parfois touchant et teinté de tendresse comme on le retrouve avec la photographie du vieil homme accoudé à un bar de Lima au Pérou.  

Mais quand le sujet ne nous observe pas, où va le regard? Il se dirige sur quelqu’un d’autre, comme la photographie de la femme qui tient son bébé dans un train de Terre-neuve ou celle de l’homme qui regarde son fils à Bogota. Il peut également aller au-delà de l’objectif, vers l’horizon ou vers le ciel, quelque chose que l’on ne voit pas et qui nous emporte au-delà du cadre de la photographie. 

Crédit: Michael Abril.

Par cette série d’images, Michael Abril nous met en contact avec des personnes du monde entier et nous ouvre vers un univers teinté de diversité. Pour découvrir l’ensemble de son travail, faites un tour sur son site web. Vous serez subjugué.e par ses photos authentiques d’une grande sensibilité!

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